L'a-maison, 2011
L'a-maison est le premier projet d'une série de présentations sur la fiction de l'aître que je définis comme un ensemble de relations - marchant, me déplaçant, ce n'est pas le monde qui me suit, c'est le monde que je suis (dans le sens de suivre et d'être). À ce compte l'aître n'a ni centre, ni entourage fixe. La méthode que j'utilise pour amorcer ce travail de fiction est la mise en abime du centre, l'épuisement du sujet par lui-même, par démultiplication ou surproduction du même tel un motif constamment répété. Un excès de soi comme limite à atteindre ou paroxysme.
Ce projet investit dans un premier temps la demeure, lieu de toute introspection, physique et mentale, l'aître de la pensée se projetant dans l'espace quotidien, l'a-maison sens dessus dessous. En partant de là, émerge la question d'habiter un lieu interdit au regard des autres, lieu de confort et d'apesanteur pour reprendre les mots de Georges Teyssot, où «la notion de confort est définie par la soi-disant satisfaction du corps à être maintenu dans un état que nulle perturbation extérieure ne vient troubler : le degré zéro de toute excitation corporelle. Dès lors, le confort équivaut à une sorte d'apesanteur sensorielle». Ce degré zéro de toute excitation corporelle est simultanément l'incubateur de toute sorte de maladies domestiques tels l'ennui, la mélancolie, l'agoraphobie, obsessions conséquentes du logement comme étui ou comme carapace , symptôme d'une perte du monde momentanée ou prolongée. La demeure-cellule dans laquelle on adopte l'attitude du prisonnier, mis à l'écart du monde, soustrait au regard des autres, nous conduit paradoxalement à devenir l'enfant qui s'ennuie. Un rajeunissement provoqué par le détachement des choses humaines et une attirance à contempler de loin ce qui semble beaucoup plus attirant et plus digne que de près. (Paolo Virno)
Stéphane Lupasco écrivait «c'est parce que la psychologie moderne est de plus en plus homogénéisée par les phénomènes d'« habitation » (prendre le métro chaque jour, sa voiture tous les week-ends, ouvrir sa télévision, etc.) que l'homme est plus vulnérable : moins il a de conflits en lui-même, moins il résiste aux agressions de l'extérieur.
Marie-Christiane Mathieu
Lire le texte de Sylvie Lacerte pour l'expositon chez Circa
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Aide à la recherche

Laboratoire de Muséologie et d'ingénierie de la culture
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recherche et création
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Caméra
Laurence Mathieu-Léger
Nataliya Petkova
Samuel Gagnon-Tremblay
Rotoscopie
Alexandre Youg-Vigneault
Rémi Danvoye
Montage
Louis-Robert Bouchard
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