"Nous" 2007

Collège Dawson, Montréal

Projet d'intégration des arts à l'architecture

 

L'intention

"Nous" fait le lien entre l'espace de la cafétéria où eut lieu l'événement tragique du 13 septembre 2006 et le nouvel amphithéâtre du collège. Le projet transcende le drame humain en utilisant des textes issus de l'oeuvre de Michel Tremblay et de Natasha Greenblath, deux auteurs dramatiques montréalais.   .

Perhaps you will recognize her. You've often run into her at the theatre, in the audience and on stage, you've met her in life, she's one of you. Elle est née à une époque précise de notre pays, elle évolue dans une ville qui nous ressemble, c'est vrai, mais, j'en suis convaincu, elle est multiple. Et universelle.

She has existed throughout the ages and in every culture. She has alway been present and always will be. J'avais envie de la revoir, de l'entendre à nouveau. Pour le plaisir. Pour rire et pleurer.

Encore une fois, si vous permettez, Michel Tremblay

Le projet symbolise par le cercle rose la trace de l'événement, et par le texte qui y est inscrit, il universalise la tragédie. Le personnage approchant la main du cercle représente l'autre, témoin silencieux, mais aussi personnage masculin représentant le père, le frère, l'ami.   Par cette composition, je propose l'équilibre entre les genres.   Le cercle rose est féminin, le personnage photographié, masculin.  

L'arrière-plan de la photo est composé d'une énumération de noms d'étudiants et d'employés touchés par le drame. Ces inscriptions agissent comme les pierres de l'édifice. Écrits avec un lettrage discret, ils pourraient correspondre au choeur des tragédies grecques, formule qui fut beaucoup utilisée par Michel Tremblay dans ses premières oeuvres théâtrales.   Ce choeur répète les grandes lignes de l'histoire, il se rappelle, il transmet à ses proches les faits en les transformant peu à peu en mythe.   On conserve la présence de l'événement et des victimes dans un contexte plus large que celui d'un cruel incident ponctuel, on le rend universel par le biais du théâtre.

Sur le mur sud de la cafétéria, imprimé en demi-cercle, on peut lire un passage de la pièce We lived in a Palace de la jeune dramaturge montréalaise, Natasha Greenblath. Comme une scarification sur le mur, ce texte en relief blanc sur fond blanc est lié à l'expérience.   Cette citation provient d'une pièce écrite et jouée par Natasha Greenblath elle-même l'an dernier.   Jeune auteure de vingt-deux ans, Greenblath a écrit ce texte suite à la mort accidentelle d'un proche.    

I'm not a child anymore. I want to know all there is to know about life. I want to taste it. He told me where it was and what it tasted like. Sweet like mango, but bitter like a pomegranate seed.

Je ne suis plus un enfant. Je veux tout connaître de la vie. Y goûter. Il m'a dit où la trouver et comment reconnaître sa saveur. Doux comme la mangue, mais amer comme les grains d'une grenade.

L'idée de faire ce texte blanc sur un fond blanc va avec la discrétion.   Avec la présence du cercle rose, l'intervention sur le mur sud doit rester discrète.